Le 3 aout 2026, soit 10 jours après un incendie ayant ravagé 42000 hectares de pins et en pleine vague caniculaire sans fin, la préfète de Gironde autorise l’implantation de l’usine Pure Salmon sur le site portuaire du Verdon-sur-Mer, signant ainsi la destruction de l’estuaire et l’assassinat de millions de saumons d’élevage.
Pure Salmon, c’est l’idée pourrie d’un consortium Emirati d’établir la plus grande « ferme usine » de saumons d’élevage d’Europe en plein cœur de l’estuaire protégé de la Gironde. Pure Salmon, c’est 10000 tonnes de saumons par an, soit 3 millions d’individus tués. Retour sur cet énième projet de merde dont la Gironde, comme le reste du monde, n’a pas besoin.
Fin 2021, Pure Salmon France débarque au Verdon à grand renfort de chantage à l’emploi et à l’attractivité économique (750 millions d’euros et 250 emplois) et avec l’objectif d’occuper un terrain de 14 hectares pour y implanter son usine d’élevage de saumons. Ici pas de filets géants déposés en mer ou de greenwashing « bio local ». Non, PSF assume dès le départ son désir d’enfermer ses 10000 tonnes de saumons dans des dizaines de cuves géantes remplies d’eau douce, puis de les « transformer » dans un hangar juste à côté.
Pourquoi le Verdon ? Et bien Pure Salmon a très vite besoin d’un terrain pour se lancer dans l’aventure de l’assassinat de masse car son idée initiale d’implantation à Boulogne sur Mer fut rejetée et les investisseurs privés s’impatientent. Bref, il faut aller vite et le Grand Port Maritime de Bordeaux voit tout cela d’un très bon oeil. Quelques mois après, la convention est signée, Pure Salmon peut respirer, les saumons et le Verdon déjà moins.
Pourtant, tout ne se passe pas comme prévu et le projet initial est encore retoqué pour des question d’accès à l’eau potable. Pure Salmon devra se débrouiller pour prélever ses propres besoins et rendre le tout potable… Le temps de l’exploitation car les eaux usées par des millions de saumons c’est pas très bon pour l’environnement, la consommation humaine, la faune et la flore locale … bref il faudra « traiter » toute cette eau. Qu’à cela ne tienne, Pure machin là promet de réaliser une première mondiale : la méga-usine à saumons en circuit fermé ! Tour de magie les saumons n’auront qu’à « nager » dans leurs propres déjections, pour un temps du moins, jusqu’à ce que mort s’en suive. Super mais le service en charge de la gestion de l’eau de la nappe de l’Eocène dit non en 2023. Encore raté.
Fin 2023, nouveau conte de fées, nouveaux dirigeants, nouveau projet, tout est nouveau sauf le massacre. Désormais il faudra 3 fois plus d’eau, pompée au bord de la seule plage des environs puis « traitée » avant d’être rejetée dans l’estuaire. Pour la consommation en électricité c’est pareil on multiplie par trois si bien que ce projet consommera l’équivalent d’une ville de 40000 habitants par an. En dehors du « traitement » de l’eau, les « boues d’élevage », comprenez la merde de saumon, seront disséminées à Hourtins, les œufs seront acheminés d’Irlande, la nourriture viendra du continent Africain ou Sud Américain et tout ce qui ne vaut rien aux yeux des capitalistes spécistes finira en nourriture pour chiens et chats après un dernier voyage dans le nord de la France. Pour les emplois, ça ne bouge pas. Toujours 250 postes promis. Quand on connaît le taux d’accidents du travail et de suicides dans la filière des abattoirs ça fait rêver…
Depuis 2023 et jusqu’à encore aujourd’hui, le collectif no salmon porté par des militants locaux et seastemik tentent de faire annuler ce projet. Plusieurs rassemblements et manifestations ont eu lieu, notamment à Soulac et à Royan et malgré le silence et l’absence de nos chers « camarades » communistes, trotskystes ou toutes les déclinaisons de la gauche dite « de rupture ». Ça ne rapporte rien électoralement parlant donc ils ne sont pas là, comme pour toutes les autres luttes écolos du département.
Maintenant que la préfète a donné son accord, que pouvons-nous faire ?
La première chose, et la plus simple avouons le, est d’arrêter de manger du saumon ou tout autre produit animal.
La seconde est de rejoindre seastemik, le collectif local, les manifestations et les actions afin de faire stopper ce projet mortifère & écocidaire, par tous les moyens nécessaires.

