Après des années de SNU raté, de militarisation à outrance, de propagande guerrière, de budget de l’armée dépassant les 50 milliards d’euros, l’État, soutenu par les autoritaires de tous poils, s’apprête à lancer un « service national » en 2026.

Officiellement, ce « service national » sera « volontaire » et « sélectif » mais nous ne sommes pas dupes sur le caractère imposé qui se diffusera au sein de la population, bien aidé par les discours militaristes tenus par l’ensemble de la classe dirigeante. Du RN à la France Insoumise, tout le monde souhaite son petit service militaire pour mater la jeunesse un peu trop rebelle ou les esprits un peu trop libres, les nuances se situant autour du degré de soumission demandé ou du niveau de militarisation souhaité.

Les vieux réflexes de la bourgeoisie sont donc de retour et son objectif reste le même : exacerber les discours patriotiques, exploiter les dernières gouttes de notre classe pour construire des obus et des drones pour que nous assassinions d’autres exploité·es. Le front leur importe peu, tant qu’il rapporte de l’argent et du pouvoir. Il peut être Ukrainien, Syrien, Libyen, Palestinien, Taïwanais, Vénézuelien… tant que le business des armes fonctionne à plein régime et qu’il ouvre la voix aux cimentiers et autres industries de la construction qui se repaîtront de l’industrie du carnage qu’est l’armée.

La mort est déjà financée du fait de l’augmentation du budget des armées, désormais dotées d’une enveloppe de 400 milliards d’euros consentie dans la loi de programmation 2024-2030. Et les éléments de langage sont déjà déployés : « protéger le territoire »… « soutenir l’armée »… « apporter une expertise »… quel beau programme ! Ni diversion ni distraction dans cette fuite en avant belliqueuse car l’existence même du capitalisme et de l’autoritarisme implique la guerre de toustes contre toustes. C’est l’horizon inévitable et le cycle perpétuel de ce système. Sur ce fait, l’Histoire nous rappelle combien le militarisme est l’arme du pouvoir contre les dominées, qu’il s’agisse d’aller tuer les populations des pays voisins pour les annexer, de massacrer adultes et enfants pour coloniser ou encore de mater dans le sang les mouvements sociaux. 

C’est pour tout cela que nous nous inscrivons dans l’héritage anarchiste du refus catégorique de toute guerre entre les peuples. Notre anti-militarisme implique forcément un anticapitalisme et un anti-autoritarisme acharné. Nous encourageons toustes les exploité·es à refuser de servir, à user de toutes les méthodes possibles pour échapper aux griffes de l’entreprise de mort, pour la dénoncer et lutter contre.

Guerre à la guerre