L’Envol affirme tout son soutien au Planning Familial.
Nous voulions dire aujourd’hui notre dégoût et notre mépris pour un État qui s’agite quand une enfant est violée et assassinée, avant de s’empresser de retirer le peu d’argent alloué au Planning. Par État, nous entendons bien évidemment tous les échelons, du gouvernement aux maires, en passant par les député·es et les préfet·es.
Quand Nous Toutes compte nos mortes, l’État s’empresse de relativiser. Numéro vert, réunion ministérielle, débats à l’Assemblée leur serviront à nous assurer qu’ils ont pris le sujet au sérieux, mais rien ne sera fait. Pire, on coupera les budgets des associations qui pourtant se substituent aux lacunes de l’État. Ils nous expliqueront que les moyens sont mis en œuvre. Mais les victimes qui portent plainte font de la garde à vue suite aux mensonges de leurs ex-compagnons, les dossiers des enfants qui parlent sont oubliés et l’immense majorité des plaintes termine classée sans suite.
Et les victimes ? Si elles veulent des soins psy, ce sera à elles de payer. Aucune prise en charge des comorbidités ne sera faite. Pourtant la corrélation entre AVC et harcèlement, agressions sexuelles et viol a été démontrée. Pour se débrouiller, les victimes ne peuvent compter que sur les associations, et tout particulièrement celle du Planning. Un planning constamment menacé par un État patriarcal et adultiste pour lequel notre santé n’est qu’une variable d’ajustement et nous le constatons encore, avec cette énième canicule.
Outre un accueil des victimes, le Planning opère un travail d’éducation à la sexualité, soit un travail de prévention des IST. Rappelons que le SIDA ou la syphilis sont en augmentation. Que fait l’État ? Des économies quand il ne plie pas devant les facho en freinant la mise en place de cours d’EVARS dignes de ce nom.
Nous voulons du fric ! De l’argent pour les associations, des remboursements des soins psy et médicaux pour toutes les victimes du patriarcat. Nous voulons du fric pour payer nos frais de justice ! Nous voulons du fric pour les associations féministes, queers et enfantistes ! Puisque la société n’est pas en mesure de nous protéger, c’est à elle de payer !

