Dimanche 8 février, à l’initiative du GNSA, une centaine de personnes se sont rassemblées sur le site de la future usine « Flying Whales » à Laruscade. La déambulation à laquelle nous avons participé a permis de constater l’ampleur de la catastrophe écologique annoncée sur plus de 75 hectares d’espace naturel boisé et humide. Retour sur la genèse d’un énième projet écocidaire en Gironde.

L’entreprise Flying Whales, créée en 2012 par le proche du macronisme Sébastien Bougon et gavée de millions d’euros de financement publique, est une entreprise de ballons dirigeables qui se rêve en alternative « écolo » aux transports polluants. Pour ce faire, le site de Laruscade est retenu pour l’implantation de son usine de conception. Et qui dit entreprise de ballons dirigeables géants dit usine de conception géante… Le projet Flying Whales préempte pas moins de 75 hectares pour un hangar de plus de 200 mètres de long sur 75 de haut. Imaginez une structure ressemblant à s’y méprendre à un préservatif géant de 200 mètres de long et dont la hauteur atteint celle de la tour de contrôle de l’aéroport de Roissy planté au milieu d’une forêt… Vous avez là ce qui ressemble déjà moins à un beau conte de fées écolo. De nombreux acteurs locaux et associations ont alertés sur le risque de perte définitive d’espaces naturels riches en biodiversité. Plusieurs élus de la région ont affirmé leur opposition au projet, en vain…

Pour réaliser son rêve de baleines qui volent, La « jeune pousse » a déjà effectué quatre levées de fonds auprès d’investisseurs publics et privés pour un pactole de plus de 450 millions d’euros basé sur des promesses en l’air et du vent. Et le vent ils s’y connaissent chez Flying Whales ! De nombreux scientifiques et experts ont déjà exprimés des doutes sur la viabilité du projet, tant par son calendrier, déjà repoussé 3 fois, que par la viabilité économique ou la maturité technologique. Oui, car l’histoire nous a déjà montré que des ballons dirigeables gonflés à l’hélium, ça avance pas vite et surtout ça peut prendre feu… Mais rien n’arrête la belle histoire et les levées de fonds. Et pour ce faire, tout le monde y va de sa petite monnaie appartenant à la collectivité : Bpifrance, la région Nouvelle Aquitaine, l’ONF, le gouvernement du Québec, l’État par le biais du label « french tech »… et même la principauté de Monaco ! De l’argent il y en a pour des ballons qui n’existent pas. 2026 et aucun prototype n’a encore vu le jour. Aucune étude de faisabilité sérieuse. Rien. L’entreprise annonce des vols d’essais à partir de 2027 et une commercialisation en… 2029. Macron annonce même que ce projet fumeux aura droit à « la méthode Notre-Dame » qui permet de se torcher avec les règles environnementales et démocratiques.

En plus de sa ponction gigantesque d’argent public et de son impact écologique catastrophique pour la commune de Laruscade, Flying Whales soulève aussi de nombreuses alertes environnementales quant au fonctionnement même de ses baleines qui volent car, au-delà de son hélium, le système de propulsion envisagé est une technologie « hybride » électrique et… thermique. On va donc prendre l’essence des camions ou des avions pour le mettre dans… des ballons. Mais pas d’inquiétude ! La viabilité technologique a été vérifiée par une simulation informatique sur le cloud Amazon Web Services.

Bref, ce conte de fées se base exclusivement sur du vent mais son impact environnemental au niveau local sera bien réel. Il rejoint les nombreux autres projets écocides du département qui n’en demandait pas tant. Ferme à saumon d’élevage au bord de l’estuaire, usine géante de batteries électriques en zone naturelle et inondable, surf park géant à 50 km des plages océanes, entrepôt gigantesque en forêt de Belin-Beliet, projet de data-center géant à Bordeaux nord, LGV Bordeaux Dax-Toulouse… la coupe est pleine n’en jeter plus.

De tous vos projets mortifères on ne veut pas !